Interview

Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ?

Je m’appelle Jennifer Larcher, j’ai grandi dans une petite ville à côté de Lyon où je partageais un appartement avec ma grand-mère et ma mère. Une enfance assez simple, mais solitaire.

J’ai une licence en sport validée à l’UFR STAPS de Villeurbanne. J’ai passé un baccalauréat scientifique assez difficilement. Après avoir déménagé assez souvent, j’ai réussi à trouver un lieu qui m’apaise où je me sens bien, j’ai un logement que je loue depuis trois ans en Alsace.

Quelles sont vos passions ?

Forcément, j’ai une grande passion pour le sport que je pratique régulièrement. J’adore l’informatique, les jeux vidéo, les technologies, les séries policières, les films et la lecture. Je me dirige plutôt vers les romans assez sombres comme les enquêtes. J’aime beaucoup Guillaume Musso, Franck Thilliez et Marc Levy.

Pendant mon adolescence, je jouais de la guitare et de la batterie. La musique est aussi une grande passion. Je suis une adepte de certains univers comme Marvel ou encore Disney, ma découverte de Disneyland Paris en 2018 a été mémorable.

J’adore le bricolage et le jardinage, j’ai des facilités dans ces domaines, je fais tous les travaux d’aménagement dans mon logement.

Quel est votre métier ?

À la base, je voulais évoluer du côté des mathématiques puis du sport. La vie a fait que des portes se sont fermées, je me suis dirigée alors vers la rédaction grâce à une rencontre. Depuis de nombreuses années, j’ai embrassé une carrière de rédactrice web. Je travaille pour diverses sociétés spécialisées dans le référencement. J’ai collaboré avec des sites d’actualités pendant plusieurs années.

Je suis aussi correctrice pour une société qui regroupe de nombreux rédacteurs.

Avant d’être rédactrice, j’ai travaillé trois ans dans une école à la campagne (de la maternelle au CM2). J’ai tenté de montrer aux enfants que le sport était un loisir formidable. On a fait de la danse, j’ai écris une comédie musicale sur la Reine des Neiges de Disney. Nous avons même développé avec les maîtresses un pôle pour l’environnement avec la construction d’un poulailler et l’accueil de plusieurs poules.

Comment êtes-vous venue à écrire cette histoire ?

J’avais besoin de parler, partager ce qui avait bouleversé mon existence. Pendant plusieurs années, j’ai sombré dans la solitude, mais aussi le désespoir. Il était difficile de mettre des mots sur des maux, mais au fil des rencontres, j’ai réussi à extirper au fond de moi les moments les plus douloureux.

À force de parler, de partager et de me dévoiler auprès d’une amie, j’ai décidé de coucher sur le papier cette histoire qui a été certes romancée. Des passages ont été inventés et d’autres ont été adaptés pour les besoins des romans.

Je suis fière du résultat, la publication des deux livres me montre que j’ai commencé à tourner doucement la page de ce chapitre douloureux. J’aurais mis plus de 15 ans, mais mon travail m’a aussi montré que j’étais capable d’écrire. Le soutien d’une amie a aussi été la clé qui a ouvert la porte. J’ai toujours quelques problèmes qu’il faudra résoudre à l’avenir, mais je vais un peu mieux aujourd’hui.

Comment les romans ont-ils été construits ?

La construction était simple, j’ai suivi le déroulement de l’histoire. J’ai vraiment perdu la mémoire pour certains évènements, mes proches ont pu me dévoiler quelques détails. J’ai ensuite ajouté des éléments puisqu’il fallait forcément adapter l’écriture. N’étant pas romancière à la base, je n’avais aucune idée de la méthode pour écrire un roman. Je suis plutôt spécialisée dans l’écriture pour le web.

J’ai commencé par les premiers évènements puis j’ai relu maintes fois pour apporter des précisions et donner un peu de corps à certaines situations. Madame Céline Dutt a également participé à l’amélioration puisqu’elle a corrigé mes romans, elle m’a donné des pistes très pertinentes, je la recommande d’ailleurs. Ma fidèle amie qui me soutient dans tout ce que je peux faire a aussi été un moteur.

Quel message souhaitez-vous véhiculer avec ces romans ?

Je voudrais que les internautes comprennent les dangers du web. Un profil peut réellement cacher un monstre qui pourrait s’en prendre aux adultes et aux enfants. Mon histoire a eu lieu il y a plus d’une décennie, alors la situation a forcément empiré avec les réseaux sociaux et toutes les technologies.

J’aimerais que certains parents comprennent que la publication des photos sur des profils publics est dangereuse. Il y a des personnes malveillantes qui rôdent sur Internet, il faut être vigilant à chaque instant.

J’avais besoin de raconter mon histoire, mais le message que je souhaiterais véhiculer est simple : prenez conscience qu’Internet est un outil merveilleux, mais le meilleur côtoie l’horreur.

Avez-vous des regrets ? Si vous deviez changer quelques chose, que feriez-vous ?

Je ne regrette pas cet épisode de ma vie, il est douloureux, mais si j’avais la possibilité de retourner à cette époque, j’embrasserais le même destin. Je passerais par toutes les étapes liées à la souffrance et au mal-être. Tout simplement parce que des enfants ont pu retrouver leur foyer et grâce à cette histoire, j’ai rencontré l’homme de ma vie. J’ai pu aussi me forger une personnalité, développer d’autres compétences et croisé la route d’une femme de 24 ans qui m’a permis de voir la vie autrement.

J’aurais voulu qu’elle vive et qu’elle choisisse un autre destin, mais j’ai mis longtemps à comprendre qu’un autre chemin ne pouvait pas se dessiner. Trop de souffrance, d’horreur, de maltraitance, d’indifférence, elle n’aurait pas pu continuer.

Aujourd’hui, quelle est votre position par rapport à cette histoire ?

Même si cette rencontre a été bouleversante, il est impossible de ne pas voir le côté odieux. Je n’ai jamais cautionné aucun des actes. Étant assez solitaire, j’ai toujours eu des difficultés pour trouver ma place dans la société et ce sont finalement les enfants qui ont pu m’apporter le plus de bonheur. Je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse leur vouloir du mal.

Lorsque j’ai plongé dans l’enfance de cette jeune femme, j’ai été bouleversée par tant de souffrance. J’ai toujours pensé que si elle avait pu être aidée dès sa naissance, tout cela n’aura pas pu se produire.

Je reste convaincue que l’enfance conditionne la vie d’adulte, c’est une base, si elle est « bancale », forcément la suite est entachée. Alors bien sûr, lorsque le mal est fait, c’est trop tard dans certains cas. Je peux comprendre que certaines personnes ne puissent pas concevoir l’amitié que j’ai eue pour elle. Il y a des rencontres qui parfois bouleversent une vie, on ne peut rien y faire. Cette histoire aurait pu me coûter la vie, mais je préfère garder le positif.

Et maintenant, quelle est la suite ?

L’écriture des deux romans n’était pas préparée, cela s’est fait au détour d’une discussion. Je laisse donc les deux livres évoluer dans le monde de la littérature. C’était pour moi un exutoire, mais je suis fière du résultat et j’ai souvent des difficultés à avoir de la fierté par rapport à ce que je peux entreprendre. Je doute beaucoup, je me méfie énormément alors j’ai tendance à vivre au jour le jour sans forcément faire de projets.

Je continue mon métier de rédactrice web et peut-être que l’envie me prendra d’écrire un autre roman. Je suis assez spontanée et j’agis en fonction des envies et des coups de coeur. Si j’avais un désir par rapport à ces deux livres, ce serait cette prise de conscience par rapport aux dangers du web. Si je peux aider même une seule personne, je serais déjà comblée. Si les romans ont du succès, je me dirais que j’ai peut-être un peu de talent.

Il y a beaucoup de « si », mais généralement, je suis de nature pessimiste, mon histoire a fait que je doute souvent.

Pour finir, comment pourriez-vous vous décrire ?

J’ai toujours des difficultés pour parler de moi. Je vais reprendre une description qu’une fidèle amie a pu écrire : « Une femme mystérieuse, honnête et intègre. Jennifer peut paraître sur la défensive aux premiers abords, mais c’est parce qu’elle ne souhaite pas s’ouvrir aussi facilement. Elle n’aime pas parler d’elle, sauf quand elle sait qu’elle peut avoir confiance. C’est une personne sur qui on peut compter et qui est là pour vous si vous avez besoin d’aide. Gentille et adorable, si vous croisez sa route, vous pourrez découvrir son côté folie des grandeurs qu’on aime tous ! »